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Antennes et cheminées, 2020


Comme la majorité de mes contemporains, je contemple des toits en contreplongée. J’ai donc une connaissance empirique très limitée du tuilage, de l’étanchéisation de terrasse, du ramonage et de l’installation d’antenne. De ma fenêtre du troisième étage, j’entrevois des quotidiens qui me surplombent et quelques calvities buvant le thé.


Une skyline n’a d’intérêt que par ses accidents. Certains lyonnais de mon entourage bénéficient d’une belle vue depuis leur logement, mais la délimitation entre le ciel et la terre est sans intérêt. Exceptée la colline de Fourvière et celle de la Croix-Rousse, l’horizon s’étend, les tours saillantes sont rares : le Crayon, les tours Oxygène et In-city.


Il y a dix ans, avec ma compagne, nous bénéficions d’une petite vue sur la Basilique de Fourvière, les cervicales pincées. Des carrés de ciel disparaissent dans un triste Tetris au rythme des projets immobiliers, du changement du P.L.U. (Plan Local d’Urbanisme), et de la gentrification du quartier. Peu d’architectures notables, les dernières décennies ayant déjà fait le gros du travail de démolition d’un patrimoine industriel côtoyant des résidences art-déco.


Aujourd’hui, je regarde la ligne de toit, les chenaux, et les parapets. Je dénombre 5 cheminées rien que sur le bloc d’en face, des dizaines dans mon champ de vision. Le nombre de conduits varient, les matériaux sont de brique ou de béton. Six antennes de télévision et quelques paraboles lointaines.

Tous ces témoins technologiques obsolètes resteront en place jusqu’à la démolition de leurs immeubles respectifs. Comme les nids d’hirondelles, je l’espère.


J’observe une ligne de toit anachronique. Plus je me rapproche du sol, plus je sonde mon époque et l’actualité. Enseigne, habillage, vitrine, services et commerces. Signalétique et mobilier urbain. La rue dépeuplée. Bitume, étrons canins et molards.

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